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SOLFÈGE

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Le mot « solfège » est employé dans deux sens différents : d'une manière très générale, il désigne l'ensemble des connaissances nécessaires à la lecture et à la réalisation sonore des signes musicaux (apprendre le solfège) ; par extension, il s'applique aux ouvrages spécialisés destinés à l'acquisition de ces connaissances (les Solfèges de Panseron, de Danhauser ; plus récemment les ouvrages d'A. Weber, de G. Dandelot, de J. Deschamps-Villedieu, etc.).

Pour saisir ce qu'est le solfège et percevoir les difficultés de son enseignement, il faut comprendre que, si les mots, les phrases du discours parlé sont aisément mémorisés dans leur sens littéral, celui-ci est totalement absent des structures musicales, lesquelles n'acquièrent de signification – purement sonore – que par les rapports (de durée, d'intonation) qui s'établissent entre les éléments d'une mélodie, d'un accord. Or, si par « lecture des signes musicaux » on n'entend pas seulement l'épellation des noms de notes, mais aussi la traduction vocale ou instrumentale des intonations que ces notes représentent, on en déduit que l'étude du solfège, pour être vraiment fructueuse, comporte ce qu'on appelle, très improprement d'ailleurs, ainsi qu'on le verra par la suite, l'« éducation de l'oreille ». D'autre part, l'action de solfier implique que l'élève nomme les notes ; ce fait indique qu'à l'origine la solmisation fut d'ordre exclusivement vocal.

L'étude du solfège n'en est pas moins indispensable à l'instrumentiste ; et, si l'on ajoute que cette éducation de l'oreille est à la base des études d'harmonie, de contrepoint, et qu'elle permet en fin de compte au compositeur de concevoir sa partition sans le secours d'aucun instrument, on aura compris l'importance de cette discipline, qui se présente, à l'heure actuelle, comme le fondement de toute activité musicale, tant pour l'exécutant amateur (membre d'une chorale, par exemple) que pour le professionnel. 

1.  La prise de conscience sonore

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