2. L'enseignement du solfège
L'enseignement du solfège comprend de nos jours plusieurs sortes d'exercices destinés, tout à la fois, à former l'élève à la lecture rapide à première vue et à développer son oreille intérieure, à déterminer dans son esprit cette prise de conscience sonore sans laquelle il n'est pas de vrai musicien. C'est surtout en France que l'étude du solfège atteint son plus haut point de raffinement. À la lecture vocale, avec solmisations du nom des notes dans des mouvements souvent extrêmement rapides, on adjoint la dictée musicale, qui consiste à noter, fragment par fragment, une mélodie, des accords, voire plusieurs voix superposées ; ces exercices constituent le mode le plus parfait d'acquisition de la conscience sonore. On fait aussi des dictées rythmiques et même polyrythmiques, tant en Allemagne qu'au Conservatoire de Paris. Ici se place une observation : les rythmes classiques sont fondés sur la division d'une valeur longue : (1 ; = 2 ; = 4 ; = 8 ; , etc.). Or, le propre du compositeur étant de créer, il imagine de nouveaux rythmes. C'est ainsi qu'Olivier Messiaen, revenant aux sources de la métrique antique, adopta un système de valeurs brèves additionnables. Sa technique du « point ajouté » ( ; ; ; ;) et des « temps irrationnels ( ; ; ; ; ; ; ; ;) est, pour nombre d'exécutants, la cause de grandes difficultés. Il serait également souhaitable d'inculquer aux solfégistes le sens exact des mouvements métronomiques, qui ont une importance capitale dans la détermination des caractéristiques d'une pièce de musique, et constituent une notion indispensable pour le chef d'orchestre ou pour tout exécutant de qualité.
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