« Clarté, beauté, enjouement. Simplicité, logique, ouverture » sont les quelques mots venus à l'esprit du commissaire d'exposition Gary Garrels pour définir le travail de Sol LeWitt. Né en 1928 à Hartford dans le Connecticut, Solomon LeWitt est le fils de deux émigrés russes qui se sont installés aux États-Unis à la fin du xixe siècle. Après avoir obtenu son diplôme en arts plastiques à l'université de Syracuse (1949), il devient assistant à l'université de l'Illinois, puis effectue un premier voyage en Europe avant d'être enrôlé et de participer à la guerre de Corée. En 1953, il s'installe à New York, reprend ses études à la Cartoonists and Illustrators School et accumule les petits travaux de graphiste et d'illustrateur. Sa fréquentation du milieu de l'architecture − il fut un temps l'assistant de Ieoh Ming Pei − et sa découverte de l'œuvre « sérielle » du photographe Eadweard Muybridge joueront à terme un rôle important dans l'échafaudage de son esthétique, l'artiste étant particulièrement sensible au fait que le partage des tâches chez les architectes puisse déboucher sur une séparation entre l'élaboration de l'idée et sa concrétisation.
La trajectoire de Sol LeWitt n'en demeure pas moins lente et graduelle. En effet, il poursuit, parallèlement à ses travaux alimentaires, une carrière de peintre d'obédience expressionniste abstrait tout en copiant régulièrement des toiles de maîtres anciens. En 1960, il obtient un travail au musée d'art moderne de New York (MoMa), d'abord en tant que libraire, puis en tant que réceptionniste de nuit. Ces activités lui permettent surtout de rencontrer d'autres confrères également embauchés au musée : Dan Flavin, Robert Mangold, Robert Ryman, Scott Burton et la critique Lucy Lippard. Or ces confrères sont réfractaires à un expressionnisme abstrait qu'ils jugent exsangue et se montrent réceptifs aux nouvelles possibilités offertes, notamment en termes de réduction et de déduction, par les œuvres d'artistes aussi différents que Jasper Johns, Ellsworth Kelly ou Fra […]
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