D'origine britannique, Muybridge, attiré par l'or californien, émigre aux États-Unis ; en 1867, il s'initie tardivement à la photographie et il deviendra vite le grand spécialiste du « reportage » des États-Unis. Ses photographies de paysages sont très remarquées, d'autant que la technique fort difficile du collodion humide ne laisse alors aucune place à l'improvisation. Il rapporte de la guerre des Modocs (1873), de l'Alaska, du Guatemala (1874) de saisissants témoignages qui lui valent la célébrité. Mais sa vie comporte une autre voie, une étrange aventure qui débute en 1872 lorsqu'un riche amateur de chevaux, L. Stanford, l'appelle pour vérifier photographiquement les affirmations du physiologiste français Marey sur le galop du cheval. Ce n'est qu'en 1878 que Muybridge réussira à décomposer avec suffisamment de netteté le mouvement du cheval, en utilisant une batterie de douze appareils à déclenchements successifs. Il entreprend alors une exploitation systématique de cette expérience spectaculaire, donne de nombreuses conférences et présente en Europe (1881-1883) son zoopraxinoscope, adaptation d'appareils antérieurs, qui permet de recomposer le mouvement en projection (les i […]
