4. Du chausson à la plume
Pour défendre la danse, Lifar s'investit vite d'autres domaines. Dès 1934, il publie des articles, puis des livres. De son abondante production se détachent les autobiographies Du temps que j'avais faim (1935) et Ma Vie (1965), les monographies Carlotta Grisi (1941), Giselle (1942), Histoire du ballet russe (1950), Serge de Diaghilev (1954). Théoricien, il développe, dans La Danse (1938), la communication faite lors du IIe congrès international d'esthétique en Sorbonne où, à partir de 1955, il sera chargé de cours d'été ; il célèbre dans un essai brillant Terpsichore dans le cortège des muses (1943), puis conçoit son très intéressant Traité de danse académique (1949) et son Traité de chorégraphie (1952) remarquablement illustrés par Monique Lancelot. Il s'est aussi intéressé au cinéma, prêtant déjà son concours en 1937 au film culte La Mort du cygne, réalisé par Jean-Benoît Lévy, puis, en 1942, à Symphonie en blanc, histoire de la danse et du ballet. Il multiplie en tous lieux les conférences-démonstrations, organise des expositions, réclame dès 1943 une Cinémathèque de la danse, aide à développer la formation des danseurs et du public en fondant l'Institut chorégraphique (1947-1957) puis l'Université de la danse. Rêvant de ressusciter l'Académie de danse de Louis XIV, il fait entrer la danse à l'Académie des beaux-arts dont, en 1970, il est élu correspondant étranger. Président d'honneur de la danse à l'U.N.E.S.C.O. en 1976, collectionneur, peintre, personnalité ardente aux multiples facettes, il décède à Lausanne le 15 janvier 1986, et repose au milieu des siens au célèbre cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne).
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