2. Hymnes et sacrifices
Celle-ci est le plus souvent constituée par une dévotion ardente dans la majorité des textes śākta, qui sont surtout des hymnes à la Déesse (Devīmāhātmya, Devībhāgavata, Lalitāsahasranāma, etc.) en tant que destructrice des démons mythologiques et Mère secourable des dévots. Elle est Mère terrible aussi, sous les formes très populaires de Durgā, la « Mal-Accessible », ou de Kālī, la « Noire ». Sous ces formes terribles, la Śākti exige parfois des sacrifices de chevreaux, de buffles, de coqs, etc., voire des sacrifices humains volontaires, ou même des sacrifices de victimes humaines capturées pour elle, ce qui a aussi contribué à donner au śaktisme une réputation d'horreur, bien que les élans suscités par la conception de l'énergie mère aient été la plupart du temps mystiques. Dans la dévotion populaire, ces élans se manifestent par les pèlerinages en des lieux saints, la Śaktipīṭha, « sièges de la Śākti », et par toute une littérature en sanskrit, en bengali, avec les chants à Kālī de Rāmprasād (xviiie s.), etc.
Une grande confusion règne encore dans les ouvrages européens quant aux discriminations entre shaktisme, shivaïsme et même vichnouisme. L'ancienneté et les origines du shaktisme sont également controversées. En tout cas, c'est dans une Upaniṣad ancienne (Kenopaniṣad, iii, 4), antérieure à l'ère chrétienne, qu'apparaît déjà une Umā Haimavatī, Umā de l'Himālaya, associée à Brahman en une légende dont les formes ultérieures substituent Śva à Brahman, Umā fille de l'Himālaya devant devenir la parèdre définitive, Umā-Pārvatī, « Umā fille de la montagne », de Śiva et former l'aspect bienveillant de sa Śākti, dont Durgā ou Kālī représente l'aspect terrible.
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