Consacré comme l'un des plus grands couturiers de ce siècle, Yves Saint Laurent, secret, lyrique et tourmenté, offre dans son œuvre l'illustration des grandes options esthétiques qui ont marqué deux générations.
Jouant en virtuose des codes vestimentaires masculins, Yves Saint Laurent va ainsi participer à l'émancipation des femmes, en leur proposant des versions adaptées du tailleur pantalon, du smoking, du caban, de la saharienne. Le créateur a également réussi à s'appuyer sur les passions artistiques qui l'animent et les cultures du monde qui l'inspirent pour réaliser des robes et des tenues innovantes et en accord avec son époque.
1. Chez Christian Dior
À l'issue d'une enfance écoulée en Algérie (il est né à Oran le 1er août 1936), jeune bachelier, il suit à Paris les cours de la Chambre syndicale de la haute couture ; un de ses dessins de robe cocktail est primé au concours du Secrétariat international de la laine en 1954. Le directeur de Vogue, Michel de Brunhoff, le présente à Christian Dior qui l'engage comme assistant. Après le décès du couturier, en novembre 1957, Yves Saint Laurent lui succède.
La collection Trapèze, présentée à la fin de janvier pour l'été de 1958, révèle son talent : l'ampleur est distribuée à partir des épaules et de la poitrine, offrant une silhouette conique. La collection de l'automne-hiver confirme cette ligne directrice et propose des modèles dont la taille haute donne une impression d'élan, d'essor. Yves Saint Laurent est rapidement promus au rang de directeur artistique. Les présentations suivantes de ses créations pour Dior comportent d'intéressantes innovations : des recherches sur la structure des jupes, ballonnées, volantées ou bouillonnées, et dont l'évasement, dans certains cas, repris à la hauteur du mollet, dessine une sorte de bulle allongée.
En juillet 1960, il propose dans sa collection le Beat Look une mode inspirée des styles de la rue : tricots à cols roulés et courtes vestes de cuir ou de crocodile suggèrent avec humour les tenu […]
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