Christian Dior a apporté à la mode le new-look, qui a marqué la période de l'après-guerre. D'un caractère discret, introverti, le couturier sans doute le plus célèbre du xxe siècle, va connaître de 1947 à 1957 onze années de succès. Sa notoriété, fondée sur une grande capacité d'innovation et secondée par une excellente gestion financière et commerciale de l'image de sa nouvelle marque, a permis de poser les fondations d'un véritable empire.
1. Le triomphe du new look
D'une famille aisée de Granville (Normandie), Christian Dior se destine d'abord à une carrière diplomatique. Pourtant, c'est rue de la Boétie, comme directeur d'une galerie de tableaux d'art contemporain (qui expose les œuvres de De Chirico, Utrillo, Braque, Fernand Léger, et le travail de ses amis Max Jacob et Christian Bérard), qu'il fait ses premières armes dans le Paris des années 1930. À la suite du krach boursier de Wall Street, Christian Dior est obligé de fermer sa galerie. Il illustre les pages du Figaro illustré et vend ses propres dessins de chapeaux et de robes à des modistes tels que Rose Valois, Nina Ricci, Elsa Chiaparelli, Molyneux, Paquin, Balenciaga, Jean Patou, avant d'entrer dans l'équipe du couturier Robert Piguet en 1938 en tant que modiste. Les créations qu'il propose à son maître participent du climat romantique et exalté de la mode de ces années : tailleurs dotés de revers en guipure, jupons de dentelle et, surtout, robes du soir aux amples jupes froufroutantes, d'un lyrisme extrême. Entré chez Lucien Lelong en 1941, il y partage quelques années les responsabilités artistiques avec Pierre Balmain. Après la Libération, Christian Dior suit l'exemple de Balmain qui vient de créer sa propre maison. Sollicité par le directeur de la maison de couture Philippe et Gaston pour y occuper le poste de modéliste, Dior propose, à la place, de fonder un salon de couture entièrement nouveau.
Financée par Marcel Boussac, la maison Dior s'ouvre en 1947, au 30 avenue Montaigne, avec comme couturier Pie […]
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