2. Des influences culturelles
Pour l'automne-hiver de 1965-1966, Saint Laurent développe avec succès le thème de la petite robe fourreau, en jersey, ornée d'un grand motif emprunté à Mondrian ou à Poliakoff, et propose un imperméable intégrant un matériau nouveau, le vinyle. L'automne-hiver de 1966-1967 voit l'éclosion de la célèbre série des robes pop art en jersey aux motifs linéaires de couleurs contrastées qui transgressent en douceur les normes de la haute couture. C'est aussi l'apparition de ce qui deviendra la marque de fabrique de la maison, le smoking pour femme, en grain de poudre noir, dont chaque année apportera une nouvelle version. La collection créée pour le printemps-été de 1967 comporte une série de robes Bambara et de « robes des tropiques » dégageant le nombril, inspirées des costumes traditionnels africains, que les mannequins portent avec d'insolites coiffures verticales créées par Alexandre de Paris.
Puis Saint Laurent s'oriente vers un style pratique, qui combine l'élégance et l'émancipation du corps et du vêtement. Ainsi, à partir de 1968, naissent l'ensemble-saharienne de coton beige aux poches à revers, le smoking-short, la robe du soir « nue » (une robe de mousseline noire qui se pose directement sur le buste et se dote, sur les hanches, d'un ample volant de plumes noires). Le sculpteur Claude Lalanne compose pour lui des bustiers anthropomorphes de cuivre doré, auxquels il suspend de longues jupes de crêpe sombre.
Au raccourcissement imposé alors par la mini-robe, Yves Saint Laurent oppose volontiers des longueurs « maxi » pour des manteaux de daim (1970). En revanche, il donne délibérément dans le court avec la collection Années quarante proposée pour l'automne-hiver de 1970-1971, qui combine les épaules carrées, les courtes jupes drapées et les chaussures à semelles compensées : cette collection, très controversée, annonce le style « rétro ». Yves Saint Laurent crée aussi des robes « proustiennes », à volants de taffetas ou de mousseline (1971).
La mai […]
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