Immense désert de la péninsule arabique, le Rub‘ al-Khālī, « quartier vide » (ou « quart désertique »), s'étend sur 1 200 kilomètres d'est en ouest et sur 650 000 kilomètres carrés environ. C'est un grand bassin incliné de l'ouest (altitude maximale : 610 m) vers l'est (180 m), rempli de sable (jusqu'à 200 m d'épaisseur) : les dunes couvrent de vastes surfaces, notamment au sud-ouest, dans le Baḥr es-Safi (« la mer de sable »), mais il existe aussi de grandes étendues graveleuses.
Ces conditions naturelles extrêmement défavorables, dues à l'hyperaridité, expliquent que le Rub‘ al-Khālī n'ait été exploré que tardivement (Bertrand Thomas en 1930, H. Saint John Philby en 1932, puis par les prospecteurs de pétrole : un des plus importants gisements du monde, al-Ghawār, n'y fut découvert qu'en 1975). Les zones les moins hostiles sont occupées par quelques tribus vivant de l'élevage et de la chasse et parlant un dialecte arabe archaïque. Le rôle fondamental du Rub‘ al-Khālī est d'avoir, en constituant un obstacle infranchissable, isolé l'Arabie du Sud et permis l'épanouissement d'une civilisation originale dans cette région.
Jean-Marc PROST-TOURNIER
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