Militant socialiste, Salengro entre au conseil municipal de Lille en 1919. Maire de la ville à partir de 1925 et député à partir de 1928, il sera constamment réélu. Après la victoire du Front populaire, Léon Blum lui confia le portefeuille de l'Intérieur. La crise sociale de mai et juin 1936 a mis en valeur les qualités de fermeté et de diplomatie de Salengro. Il a été l'un des initiateurs des accords Matignon. Pendant l'été de 1936, la presse d'extrême droite, reprenant une ancienne accusation de certains milieux d'extrême gauche du Nord, mène contre lui une campagne très violente. Elle l'accuse d'avoir déserté en 1915, d'être passé à l'ennemi et d'avoir été traduit devant un conseil de guerre français. À la demande de Salengro, des délégués des anciens combattants examinent le dossier et concluent que Salengro avait été fait prisonnier en tentant d'aller chercher, avec l'accord de ses chefs, le corps d'un de ses camarades, et qu'il avait été acquitté par un conseil de guerre. Le journal Gringoire continuant ses attaques, un débat s'instaure à la Chambre, qui repousse à une large majorité les accusations portées contre lui. Salengro sera trouvé mort chez lui quelque temps plus tard et l'enquête reconnaîtra le suicide.
Armel MARIN
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