Issu d'une famille d'origine normande dont la fortune s'est considérablement accrue par mariages au xiiie siècle, Roger Mortimer est l'un des plus puissants seigneurs des Marches galloises, très indépendants du pouvoir royal ; il possède aussi d'importants domaines en Irlande. En 1316, il y est nommé lieutenant général du roi et prend une part importante à la défaite d'Édouard Bruce (1318), qui s'était fait couronner roi d'Irlande. Mais, en 1320, il se heurte, ainsi que tous les seigneurs des Marches, aux prétentions galloises d'Hugh le Despenser, favori d'Édouard II. Ce conflit, manifestation de l'opposition des barons à la monarchie, prend la forme d'une guerre, et Mortimer doit se rendre avec son oncle en 1322 ; condamné à la prison à vie, il s'enfuit de la tour de Londres en 1323 et se réfugie en France. Il y retrouve en 1325 la reine Isabelle, femme d'Édouard II, qui devient sa maîtresse
. S'appuyant sur le parti baronnial, tous deux débarquent en Angleterre en décembre 1326 ; les Despenser sont pris et tués, le roi abdique en faveur de son fils Édouard III. Le pouvoir est en fait aux mains de la reine et de Mortimer, fait comte de La Marche en 1328. L'assassinat d'Édouard II, les accords désastreux conclus en Guyenne et en Écosse, la morgue, l'ambition et la convoitise de Mortimer, qui accumule titres et seigneuries, favorisent les desseins d'Édouard III qui, soutenu par Henri de Lancastre, le fait arrêter (octobre 1330). Condamné à mort par le Parlement, Mortimer est pendu le 29 novembre 1330 et ses biens sont confisqués au profit de la couronne.
Photographie
Roger Mortimer Roger Mortimer, comte de La Marche (1287-1330), amant de la reine Isabelle, l'épouse du roi d'Angleterre Édouard II qu'il fera assassiner.
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Paul BENOÎT
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