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LEENHARDT ROGER (1903-1985)

Réalisateur de cinéma qui — l'un des premiers en Europe, avant Rossellini et Antonioni — chercha à « dédramatiser » le cinéma, à le débarrasser de ce carcan de théâtralité qu'il traîne comme un boulet depuis sa naissance, à récuser enfin les facilités du spectacle pour en faire le plus complet des modes de récit. Roger Leenhardt tourna Dernières Vacances (1947) comme il eût écrit un premier roman : « à la première personne ». Il y inclut un ton inimitable d'intimisme, de mélancolie, d'austérité protestante — qui ne fait pas le moindre charme de ce film, proche d'Alain-Fournier et de Giraudoux. Un jeune garçon élevé dans la douceur de vivre provinciale y apprend — selon le mot d'André Bazin — à « distinguer la brûlure de la dernière gifle d'une mère de la première gifle d'une femme ». Rarement un cinéaste a su traduire avec autant de finesse le cheminement spirituel de l'adolescence. Son second film, Rendez-vous de minuit (1960), fut un exercice intellectuel moins convaincant.

Leenhardt fut en outre un théoricien estimé (à Esprit avant guerre, puis à L'Écran français), précurseur des tendances modernes de la critique. On lui doit de remarquables biographies filmées de Victor Hugo, de Mauriac, de Valéry, de Rousseau, ainsi qu'un moyen métrage qui est un essai pédagogique exemplaire sur la préhistoire du septième art : Naissance du cinéma (1946).

Claude BEYLIE

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Dans le chapitre " Le cinéma mondial de la guerre à l'après-guerre"  : …  un nouveau comique avec Jour de fête (1948) et Les Vacances de M. Hulot (1952). *Enfin, deux anciens critiques passent à la mise en scène : Roger Leenhardt avec Les Dernières Vacances (1947), un des films les plus justes, les plus subtils sur l'adolescence et la bourgeoisie, qui annonce la liberté de ton du jeune cinéma… Lire la suite
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