Après le lycée de Sens où il a pour professeur Gabriel Marcel, Brasillach, élève à Louis-le-Grand, est attiré par la carrière littéraire ; ses amis s'appellent Maurice Bardèche, Jacques Talagrand (Thierry Maulnier), Roger Vailland et, bientôt, lorsqu'il est à l'École normale supérieure, Simone Weil, Jacques Soustelle, Henri Quéfellec.
Son premier roman, Le Voleur d'étincelles (1932), est marqué d'un certain antigidisme et se ressent des influences de Barrès et de Colette qui fut « l'idole » du jeune Brasillach. Plus connu, Comme le temps passe (1937) est son dernier ouvrage romanesque qu'il définit lui-même comme « picaresque, érotique et sentimental » ; il aurait pu ajouter : autobiographique, encore que l'imagination n'en soit pas absente. Ce n'est pas le meilleur texte de l'écrivain, mais il est évident que le romancier Brasillach possédait une technique que la maturité aurait confirmée. Sa grande amitié avec les Pitoëff répond à son goût pour le théâtre ; dès 1932, il écrit Domrémy qui présente une Jeanne d'Arc originale, vue par les paysans de son village. Sa Bérénice, écrite en captivité, créée en 1957 à Avenches, en Suisse, et montée la même année à Paris par Alice Cocéa, quitte l'affiche à la suite des manifestations organisées par le Comité d'action de la Résistance ; la critique est très partagée sur le fascisme et l'antisémitisme encore reprochés à la pièce lors de sa reprise en 1972. Séduit par le cinéma, Brasillach a donné en 1935 une Histoire du cinéma, avec Bardèche — qui dit avoir eu peu de part à sa rédaction ; c'est une somme qu'il pensait compléter et qui garde toute son importance. Mais c'est dans l'œuvre critique que Brasillach excelle. Son premier livre, Présence de Virgile (1931), annonce cet esprit analytique tourné vers le commentaire et le portrait ; paradoxalement, ses études littéraires sont une des parties les plus vivantes de l'œuvre ; Les Quatre Jeudis (1944) et ses innombrables articles gardent une actualité assez rare dans le domaine de la critique. De même, […]
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