3. La République tchèque indépendante
La partition tchéco-slovaque, entérinée sans consultation de la population, fut l'œuvre de deux hommes à la tête de partis sortis vainqueurs des élections législatives des 8 et 9 juin 1992, le Tchèque Václav Klaus, du Parti démocratique civique (O.D.S.), et le Slovaque Vladimir Mečiar, du Mouvement pour une Slovaquie démocratique (H.Z.D.S.). Ils négocièrent une séparation « de velours », à bien des titres exemplaire, donnant naissance, le 1er janvier 1993, à deux États souverains. Quelques semaines plus tard, Václav Havel, président de la Fédération tchéco-slovaque de 1990 à 1992, devient le chef de la République tchèque (il le restera jusqu'en 2003) et affiche sa volonté d'intégrer les structures euro-atlantiques. Par ailleurs, la République tchèque bénéficiait, au regard de l'extérieur, d'un avantage symbolique, lié notamment à sa capitale, Prague, et à son drapeau, faisant d'elle l'État successeur de la Tchécoslovaquie.
• Une transformation réussie mais coûteuse (1993-1997)
La tentation de faire cavalier seul
Pour Václav Klaus, Premier ministre de 1992 à 1997, à la tête d'une coalition de conservateurs, de libéraux et de chrétiens-démocrates, la République tchèque pouvait se permettre d'agir seule, une conviction qu'il traduisit immédiatement dans les faits en rompant unilatéralement l'union douanière avec la Slovaquie dès février 1993, et en prenant ses distances avec les pays voisins du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie), considéré comme un handicap pour l'ambitieuse politique extérieure tchèque. Mais cette attitude fut en fait mal perçue en dehors du pays. L'effort se porta donc sur la libéralisation des relations commerciales entre ces pays, dans le cadre de l'Accord de libre-échange centre-européen (A.L.E.C.E.), signé le 21 décembre 1992.
Par ailleurs, la partition de la Tchéco-slovaquie avait fait de la Pologne l'acteur stratégi […]
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