3. La néolithisation de l'Anatolie centrale (6500-6000)
Le sud du plateau central n'est vraiment occupé qu'à partir de 6500, livrant alors un riche ensemble de villages : Suberde, Can Hasan III et Çatal Hüyük sont fondés alors. Ces deux derniers sont les mieux connus : le plan du village y est original et va caractériser l'architecture anatolienne presque jusqu'à l'époque actuelle. Ce plan est dit agglutinant, les maisons y sont contiguës et sans porte, l'accès se faisant par les toits. L'agriculture est présente mais aussi l'élevage du mouton à Suberde. Bien que cet ensemble dérive à l'évidence du « P.P.N.B. du Taurus », une civilisation originale est là en train de naître plus à l'ouest, qui s'épanouira à la période suivante. Une céramique encore grossière et peu abondante fait une apparition précoce à Çatal Hüyük vers 6300 avant J.-C.
Par contre, la chaîne du Taurus oriental, qui a joué le rôle que l'on sait dans l'acculturation néolithique de l'Anatolie, paraît maintenant à peu près abandonnée. Seuls ses piémonts méridionaux, à climat plus sec, présentent une série d'installations (Gritille, Hayaz) qui ne sont que la marge septentrionale d'une culture syro-turque, le P.P.N.B. récent du Moyen-Euphrate. C'est le silex, comme en Syrie, qui est ici le matériau de base, et l'élevage de la chèvre y joue un rôle économique important. Par Anatolie nous entendrons désormais le plateau anatolien et lui seul.
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