Géophysicien français né le 16 février 1698 au Croisic, mort le 15 août 1758 à Paris, fondateur de la photométrie (mesure de l'intensité lumineuse).
Enfant prodige, Pierre Bouguer apprend avec son père, Jean Bouguer, l'hydrographie et les mathématiques. À la mort de ce dernier, il n'a que quinze ans, mais le remplace comme professeur à l'Académie royale d'hydrographie. Pendant les années 1720, il procède aux premières mesures photométriques en astronomie. Il compare notamment l'éclat apparent (magnitude) des corps célestes à celui d'une simple flamme de bougie qu'il prend comme référence. Il réalise des tables de réfraction atmosphérique, fait des recherches sur l'absorption de la lumière dans l'atmosphère et formule la loi de Bouguer (connue aussi sous le nom de loi de Lambert). Celle-ci concerne l'atténuation d'un rayon lumineux en milieu transparent. En 1729, il publie cette loi et ses divers travaux de photométrie dans un ouvrage intitulé Essai d'optique sur la gradation de la lumière.
En 1736, il part en expédition au Pérou avec Charles-Marie de La Condamine afin de mesurer un arc du méridien au niveau de l'équateur. À son retour en 1743, grâce aux résultats obtenus, il donne une meilleure description de la forme de la Terre. Ce travail est publié en 1749 sous le titre La Figure de la Terre. Pierre Bouguer mesure aussi à l'aide d'un pendule la gravité à différentes altitudes et est le premier à essayer de quantifier la poussée horizontale des montagnes sous l'effet de la gravitation. Il observe une différence entre la force de gravité mesurée sur un haut plateau et celle calculée en fonction de l'altitude de celui-ci : l'attraction gravitationnelle des reliefs semble plus faible comme s'il y avait un manque de matière, comme si les montagnes étaient creuses. Cette différence sera expliquée en 1889 par Clarence E. Dutton qui imagine une racine aux montagnes, plus légère que les roches environnantes (cf. isostasie).
Pierre Bouguer consacre une grande partie de sa vie à l'étude des problèmes posés par la navigation. Ses écrits portent sur les manœuvres navales, la navigation proprement dite et la conception des bateaux. Il s'intéresse à la construction de ceux-ci et établit une formule mathématique permettant de calculer le « métacentre » des bateaux, une mesure de leur stabilité.
Universalis
Retour en haut



