« Figure de pensée », selon la terminologie de la rhétorique, consistant à représenter à l'aide des traits humains, physiques ou moraux, une abstraction ou une chose inanimée : ainsi les vices et les vertus dans la littérature (comme dans la peinture ou la sculpture) médiévale, et les vertus encore dans l'œuvre de Péguy. (Si l'écrivain prête, en outre, la parole à sa création, la personnification est prolongée en prosopopée.) On pourrait, des mythologies et des littératures les plus anciennes (l'Aurore-aux-doigts-de-rose d'Homère...) à tels films récents (la mort dans le Septième Sceau d'Ingmar Bergman ou dans Orfeu Negro de Marcel Camus), en passant par les allégories du Roman de la Rose et les abus du Lutrin et de la Henriade, montrer la permanence d'un procédé que les traités de rhétorique rangent dans la catégorie plus vaste de la « fabulation » mais que l'on peut aussi rattacher au principe plus général de l'analogie, et dont on comprend ainsi la nature essentiellement poétique. (Ce qui n'exclut pas bien sûr sa présence dans la prose : on en trouve des exemples aussi bien chez un moraliste classique comme La Bruyère que dans le r […]
