3. Des comédies de cape et d'épée
À partir de 1645, Scarron travailla aussi pour le théâtre. Il a écrit en tout neuf pièces. Sept d'entre elles parurent de son vivant ; les deux dernières furent publiées au lendemain de sa mort, en 1662. À cette époque, la comédie espagnole triomphait à Paris. Scarron alla donc chercher ses sujets dans la littérature espagnole, chez Tirso de Molina par exemple et chez Francisco de Rojas. Ces « comédies » de Scarron peuvent surprendre le lecteur d'aujourd'hui par un trait commun : la part du rire y est limitée à certaines scènes, et c'est un valet qui, pour l'essentiel, l'assure. Le reste est surtout romanesque. On y voit des amours contrariées, des passions qui se dévoilent ou qui se heurtent. Et nous comprenons alors que si les pièces de Scarron se présentent comme des comédies, c'est au sens des comedias de capa y espada des Espagnols. D'autres auteurs français, Thomas Corneille, Quinault et bien d'autres, à la même époque, en faisaient autant. Il se distinguait d'eux par la force magnifique de son style. Il faut avoir lu La Fausse Apparence pour comprendre à quel point Scarron fut un grand écrivain.
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