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CHÉREAU PATRICE (1944- )

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3.  Le corps-mouvement

Assez différents les uns des autres par leur forme et par leurs sources d'inspiration, les films que Patrice Chéreau a réalisés depuis 1995 développent certains de ses thèmes de prédilection : la sujétion de l'individu à son corps, la violence du désir et l'aliénation inévitable qu'il entraîne, la quête initiatique. Pour Ceux qui m'aiment prendront le train (1997), Chéreau part, pour la première fois depuis L'Homme blessé, d'un sujet original et non d'une adaptation. Le train, c'est celui que prennent pour se rendre à ses obsèques les amis, disciples ou anciens amants de Jean-Baptiste, un peintre qui exerçait sur ses proches la tyrannie d'une « intransigeante séduction ». La première moitié du film, la plus radicale, entièrement située dans une rame de T.G.V., présente une quinzaine de personnages de façon fragmentaire. Des séquences heurtées, tournées caméra à l'épaule, saisissent les corps des acteurs au plus près du mouvement ; le rythme du montage semble épouser la fièvre de ce groupe de personnages en crise. À l'inverse de ce film foisonnant, Intimacy (Intimité, 2001), réalisé en anglais et tourné à Londres d'après des récits de Hanif Kureishi, se resserre sur un petit nombre de personnages. Dans une magnifique alternance de plans contemplatifs et de séquences fébriles, Chéreau y raconte la passion d'un homme et une femme qui ne se retrouvent que pour faire l'amour. Les scènes de sexe rythment le film : tournées en temps réel, elle forment à elles seules une narration sans parole où l'amour physique développe sa propre histoire. Ours d'or du festival de Berlin, Intimacy a connu un très grand succès critique. Dans Son Frère (2003), inspiré d'un récit de Philippe Besson, le corps conserve une importance de premier plan, mais il s'agit cette fois de celui d'un homme jeune en train de mourir d'une maladie mystérieuse. Là encore, la mélancolie et la poésie émergent d'une volonté radicale de ne pas sublimer la réalité : la caméra scrute avec passion l'inti […]

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GABRIELLE (P. Chéreau)

Écrit par :  N.T. BINH

Pour son neuvième long-métrage, Patrice Chéreau a choisi d'adapter une nouvelle de Joseph Conrad, Le Retour : un homme, en rentrant chez lui un soir, trouve une lettre de son épouse lui annonçant qu'elle le quitte ; presque aussitôt après, elle revient. Il lui parle, elle répond à peine. La terrible confrontation qui s'ensuit met à nu la… Lire la suite
PHÈDRE (mises en scène C. Rist et P. Chéreau)

Écrit par :  Christian BIET

En 2002-2003, le sable de Trézène, trop souvent foulé, a donné lieu à deux nouvelles et grandes mises en scène. À partir d'un dispositif scénique semblable, la perspective bi-frontale, les choix de Christian Rist (Maison de la culture de Bourges et théâtre de la Tempête de la Cartoucherie de Vincennes, 2002) et de Patrice Chéreau (théâtre de… Lire la suite
BOND EDWARD (1934- )

Écrit par :  David LESCOT

Dans le chapitre "Un théâtre du cataclysme"  : …  , montée par Claude Régy (Sauvés, 1972) va contribuer à faire découvrir Bond en France,* avant que Patrice Chéreau ne le consacre grâce à sa mise en scène de Lear en 1975. Profondément marqué par l'héritage shakespearien (Bingo, écrit en 1973, montre un Shakespeare aux prises avec la dimension matérielle du réel social… Lire la suite
DANS LA SOLITUDE DES CHAMPS DE COTON, Bernard-Marie Koltès

Écrit par :  David LESCOT

Dans le chapitre "Un monde de solitude"  : …  *Impossible de dissocier l'œuvre de Bernard-Marie Koltès de celle du metteur en scène Patrice Chéreau. Celui-ci créa la pièce en janvier 1987 au théâtre des Amandiers de Nanterre, avec Laurent Malet (le client) et Isaac de Bankolé (le dealer), qu'il remplaça lors de la reprise, quelques mois plus tard, contrevenant au vœu de l'auteur de faire… Lire la suite
DESARTHE GÉRARD (1945- )

Écrit par :  Yves KIRCHNER

en juillet 1995. Mais il me reste des images dans la tête, des moments de théâtre fabuleux avec* Patrice Chéreau ou André Engel. » La rencontre avec Chéreau eut lieu en 1970 lorsqu'il interpréta Richard II de Shakespeare, qu'allaient suivre Lear d'Edward Bond, en 1975 et La Dispute de Marivaux en 1976. En 1981,… Lire la suite
LA DISPUTE, Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

Écrit par :  Anouchka VASAK

PierreCarlet de Chamblain de Marivaux *S'il est une mise en scène qui a marqué notre époque, c'est bien celle que Patrice Chéreau donna de La Dispute de Marivaux (1688-1763) en 1973. Pour qui assista à cette « fête noire », l'impression fut indélébile. Il faut pourtant revenir auLire la suite
KOLTÈS BERNARD-MARIE (1948-1989)

Écrit par :  Raymonde TEMKINE

… *Né le 9 avril 1948 à Metz dans une famille catholique pratiquante, Bernard-Marie Koltès poursuit ses études chez les jésuites ; sans crise et sans agressivité, il prendra ses distances avec la religion. Avec des camarades, il monte sa première œuvre, Les Amertumes (1971), inspirée d'Enfance de Gorki, et fonde aussitôt après sa… Lire la suite
SCÉNOGRAPHIE LYRIQUE

Écrit par :  Alain PERROUXAlain SATGÉ

Dans le chapitre "L'explosion des années 1970"  : …  la plupart des événements musicaux apparaissent aussi, ou d'abord, comme des événements théâtraux. *Patrice Chéreau, en proposant après Felsenstein une nouvelle dramaturgie des Contes d'Hoffmann, retrouve derrière les stéréotypes du second Empire la dimension fantastique du romantisme allemand (1974) ; à l'inverse, Jorge Lavelli inscrit… Lire la suite
THÉÂTRE OCCIDENTAL - La scène

Écrit par :  Alfred SIMON

Dans le chapitre "Un espace éclaté"  : …  été réalisées avec les tentures virevoltantes de Richard II au Théâtre du Soleil (1982), *les forêts de la nuit dans le cadre rouge et or de La Dispute de Chéreau (1973), les pluies de feuilles mortes sur La Cerisaie en blanc de Strehler (1976), les fleuves de feu du Mahābhāratā de Peter Brook dans la carrière… Lire la suite
THÉÂTRE OCCIDENTAL - Crises et perspectives contemporaines

Écrit par :  Alfred SIMON Universalis

Dans le chapitre "Après Brecht"  : …  par une interrogation tragique sur la rencontre inéluctable du théâtre et du pouvoir d'État. *Patrice Chéreau (né en 1944) et Jean-Pierre Vincent avaient fait, quant à eux, leurs débuts dans le groupe amateur du lycée Louis-le-Grand dès 1959. Patrice Chéreau devint un vrai professionnel en 1965 avec un Marivaux et un Labiche remarqués au… Lire la suite
VINCENT JEAN-PIERRE (1942- )

Écrit par :  Colette GODARD

… *Né à Paris, Jean-Pierre Vincent fait ses débuts avec Patrice Chéreau en participant au groupe théâtral du lycée Louis-le-Grand. Dès 1966 éclate L'Affaire de la rue de Lourcine, un Labiche iconoclaste. Lorsque la municipalité de Sartrouville souhaite s'attacher une troupe permanente, elle fait appel à Chéreau. Jean-Pierre Vincent le suit. L… Lire la suite

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