Dernier représentant autrichien des historiens de l'art de l'école de Vienne, Otto Pächt s'est, durant sa longue carrière, dans ses écrits comme dans son enseignement, toujours occupé de l'étude des manuscrits peints, cet art qui n'était pas « une grande peinture à échelle réduite », selon sa propre expression, reprise et citée par François Avril dans l'introduction à L'Enluminure médiévale (Paris, 1997). Formé à l'université de Vienne, ayant lu les travaux de Julius von Schlosser et d'Hermann Julius Hermann, Otto Pächt était, il est vrai, fin prêt pour des enquêtes minutieuses et patientes dans les fonds des bibliothèques et pour les éditions de livres rares. Il s'y livra donc très tôt, à Vienne puis à Londres, où il s'exila à la veille de la Seconde Guerre mondiale et où il demeura jusqu'à son retour en Autriche au début des années 1960. À partir de ce moment et jusqu'à sa mort à Vienne en 1988, il put s'y consacrer entièrement.
Otto Pächt exploita, en effet, systématiquement les gisements des grands manuscrits à peintures, à Paris, dans les fonds de la Bibliothèque nationale, à Londres, dans ceux de […]
