Jean Fouquet est le peintre français le plus illustre de la fin du Moyen Âge. On ne possède malheureusement qu'une fraction infime de ses œuvres. Mais que l'on puisse reconstituer assez aisément sa biographie et son œuvre prouve sa célébrité : on peut en effet tracer de Fouquet un portrait plus fidèle et plus complet que celui d'autres artistes de la même époque.
Fouquet est souvent considéré comme un peintre éclectique en quête d'une synthèse de l'art flamand et de l'art italien, mais les recherches modernes ont établi le caractère purement français de son art. De la Renaissance italienne il retient de nombreux détails, séduit par la beauté des éléments du décor architectural à l'antique. On lui doit des vues précieuses de l'ancienne basilique Saint-Pierre, du Forum romain et de plusieurs édifices de la Ville éternelle. Ces expériences l'aidèrent à concevoir de nouveaux rapports entre les personnages, les groupes en action et l'architecture. Les scènes variées, vivantes, s'insèrent dans des structures qui ordonnent harmonieusement la composition : intérieurs, vues de Paris et de Tours avec leurs édifices religieux comme Notre-Dame ou la cathédrale de Tours, palais des commanditaires de Fouquet, mais aussi représentations de l'histoire sainte et profane ou mise en scène d'un mystère. Il mérite d'être considéré comme le premier grand peintre français qui ait su rendre compte de l'homme et de son histoire dans un esprit de vérité et de synthèse.
1. Le Maître de Tours
Fouquet est né à Tours entre 1415 et 1420. On ne sait rien de certain sur sa formation en France. Si le petit tableau au musée de Vienne représentant Gonella, le bouffon du marquis d'Este, avait été peint vers 1440-1445, nous aurions une preuve de l'apprentissage de Fouquet dans l'atelier d'un maître flamand et aussi de son originalité précoce. Autour de 1446, il part pour Rome et y exécute un portrait sur toile du pape Eugène IV connu seulement par une gravure et fort admiré par ses contemporains. En 1448, il est de retour en France, […]
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