2. La diminution
Au xvie siècle, le procédé d'ornementation le plus courant est celui de la diminution (anglais : division ; italien : passaggio ; espagnol : glosa). Il s'agit d'un groupe de notes de courte durée exécuté dans l'intervalle de deux notes de la mélodie (fig. 3), remplissant ainsi un espace originellement uniforme par une variation mélodique. Curieusement, les compositeurs écrivent la diminution dans la musique instrumentale, tandis qu'elle doit être improvisée dans le chant. Cette dualité d'usage en fait à la fois un procédé d'écriture et une technique d'improvisation. L'ambivalence qui en résulte permet à la diminution de rester une forme souple, capable de s'adapter à la musique au gré de l'interprète. Par ce procédé, les musiciens donnaient à leurs exécutions un caractère brillant et enjoué tandis qu'à la lecture ordinaire les textes ne révèlent souvent que des phrases fort simples.
Si l'emploi des diminutions est tenu pour enrichissant dans la musique instrumentale, tous les compositeurs ne partagent pas cet avis en ce qui concerne la musique vocale. Au xvie siècle, on attachait en effet beaucoup d'importance à la clarté des textes chantés. Or les diminutions rendent presque toujours les paroles incompréhensibles. Cela explique en partie la naissance d'un courant partisan de la monodie accompagnée, en opposition au courant polyphonique traditionnel qui continue l'emploi de la diminution jusqu'au xviie siècle avec des compositeurs comme Michel Lambert (env. 1610-1696), qui fait suivre ses Airs de « doubles » très diminués dont l'exécution exige une grande virtuosité.
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