8. L'ornementation en jazz
En jazz, l'ornementation est directement liée à l'acte d'improvisation. L'ornement le plus usité dans toute l'histoire du jazz reste l'arpège, accord dont on égrène rapidement les notes, au lieu de les faire entendre simultanément. Éprouvé par des générations de jazzmen de toutes les époques et de tous les styles (de King Oliver et Louis Armstrong à Joe Lovano, Joshua Redman, Pat Metheny, Michel Petrucciani ou Wynton Marsalis, en passant par Art Tatum, Benny Goodman, Duke Ellington, Lester Young, Stan Getz, Dizzy Gillespie, Sonny Rollins...), l'arpège s'impose comme l'un des symboles pérennes de l'influence de la musique occidentale sur la musique afro-américaine. Il est vrai que son utilisation peut varier : suivant le contexte et la personnalité de l'artiste, elle peut servir tantôt à stabiliser le discours improvisé, tantôt à engendrer une tension passagère. Cette technique trouve un écho particulier chez les saxophonistes, car elle sert plus volontiers le côté mobile et sinueux de leurs lignes mélodiques ; propice à l'expression de la puissance de l'instrument, ce procédé joue un rôle non négligeable dans la solidité formelle de leurs improvisations.
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