4. Théorie des réactions nucléaires
Les réactions induites par impact de neutrons lents sur les noyaux présentent, pour un intervalle donné de valeurs de l'énergie du neutron incident, une grande prédominance de la capture de celui-ci par le noyau-cible : cela ne pouvait s'expliquer si l'on représentait l'interaction entre le neutron et le noyau par un simple potentiel attractif. En 1936, Bohr se rendit compte que pour sortir de l'impasse il fallait envisager le processus d'un point de vue radicalement différent. Les probabilités de capture observées indiquaient que le premier stade de la réaction devait consister en la formation d'un noyau composé de vie moyenne relativement longue – formation due à la distribution de l'énergie du neutron incident entre tous les nucléons constitutifs du noyau-cible par suite des collisions mutuelles de ces nucléons ; en raison de cette dispersion de l'énergie, aucun des nucléons du noyau composé ne possède en moyenne assez d'énergie pour s'échapper, et la désintégration du noyau composé ne peut se produire que par suite d'une fluctuation statistique, conduisant à la concentration fortuite d'une quantité suffisante d'énergie sur l'un des modes possibles de désintégration du système. Le stade final de la réaction est donc le résultat statistique d'une compétition entre ces modes de désintégration : émission de rayonnement ou émission de fragments formés d'un ou de plusieurs nucléons. Cette théorie rend compte non seulement des réactions dues à l'impact de neutrons lents, mais d'une classe très étendue d'autres réactions des types les plus divers ; de plus, elle suggère la comparaison des états excités du noyau à ceux d'une gouttelette liquide portée à une température élevée, analogie qui, malgré ses limitations évidentes, s'est également révélée extrêmement féconde : elle a notamment conduit (1952) à la prédiction de modes d'excitation collective des noyaux, liés à la déformabilité de ceux-ci.
Un des modes possibles de désintégration d'un noyau co […]
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