Homme politique et fondateur de l'État pakistanais, Jinnah était aussi connu sous le nom de Ḳā'id-i-A‘ẓam (le Grand Guide). Son éducation traditionnelle et imprégnée de la foi musulmane (dans le cadre de la secte des khōja, d'obédience shī‘ite) est complétée par un passage dans une école anglaise de Karachi. En 1892, il s'embarque pour l'Angleterre où, quatre ans plus tard, il obtient ses diplômes de droit. Il est alors admirateur du Premier ministre anglais W. E. Gladstone, membre du Parti libéral. Inscrit au barreau de Bombay l'année suivante (1897), il passe quelques années difficiles pendant lesquelles il mûrit sa passion pour la politique, tout en envisageant avec inquiétude l'avenir de la communauté musulmane vivant en Inde. Admirateur de D. Nayrōjī, le premier Indien élu à la Chambre des communes, il en devient le secrétaire particulier et, en tant que tel, assiste ce dernier, devenu en 1906 président du Congrès. Ce premier contact avec la politique le pousse à une participation plus active : il est élu représentant des musulmans de Bombay au premier Conseil législatif impérial. En outre, il participe à l'élaboration d'un acte législatif pour régler la question des waḳfs musulmans (fondation pieuse et biens de main-morte) en Inde. Il rencontre alors le nationaliste Gopal Krishna Gokhale et subit son influence. Afin d'obtenir des garanties concrètes et constitutionnelles, pour les droits de la minorité musulmane, il adhère à la Ligue musulmane et, en 1916, prend une part importante à la rédaction du « pacte de Lucknow » qui, signé par la Ligue et le Congrès, établit un plan de réformes favorables aux musulmans. Jinnah respecte toujours la légalité et les principes constitutionnels. Par un concours de circonstances et de démissions, il quitte en 1920 le devant de la scène politique, tout en poursuivant son action en faveur de ses coreligionnaires ; il part en 1930 vivre à Londres. Après la proclamation de l'India Act et la promulgation de nouvelles clauses constitutionnelles, il retourne en Inde en […]
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