Le basketteur américain Michael Jordan incarne la parfaite adéquation entre sport de compétition, sport-spectacle et sport-business. Malgré un gabarit somme toute modeste pour un basketteur (1,98 m, 98 kg), il savait bousculer des montagnes de muscles infranchissables, se faufiler au milieu de forêts de bras tentaculaires et inextricables, pour planter, souvent à la dernière seconde d'un match décisif, le dunk qui allait offrir la victoire à son équipe. Les gamins du monde entier connaissent son célèbre numéro 23, et tous rêvent de se voir offrir un maillot rouge orné d'une tête de taureau sur le devant et floqué du 23 dans le dos. Mais, au-delà du business et des intérêts multinationaux, Jordan fut toujours un modèle de fair-play, et il pouvait s'investir bénévolement dans une campagne de publicité pour inciter les enfants en difficulté à reprendre le chemin oublié de l'école.
La National Basketball Association (N.B.A.) lui doit beaucoup. À la fin des années 1980, celle-ci, en mal de stars, connaît une crise passagère qui fait chuter les audiences des retransmissions télévisées et met en péril son financement. Michael Jordan va alors initier un renouveau du basket-ball qui, depuis lors, ne s'est jamais démenti : il bouscule les canons de son sport, refuse de se cantonner dans son rôle d'ailier et se mue en meneur de jeu-ailier-arrière polyvalent, ce qui propulsera les Chicago Bulls vers de multiples titres. De son surnom, « His Airness » (qu'on peut maladroitement traduire par « Sa Majesté des airs »), l'équipementier sportif Nike fait une marque déposée : Air Jordan. En conséquence, au faîte de sa gloire, dans les années 1990, les revenus quotidiens de Michael Jordan avoisinent 150 000 euros. En 1995, lorsqu'il annonce son retour sur les parquets, au terme d'une courte retraite de dix-neuf mois, les sociétés qui avaient investi sur son nom augmentent leurs capitalisations boursières de 3,8 milliards de dollars en une semaine.
Michael Jordan fut champion universitaire avec l'équipe de N […]
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