2. La « Dream Team »
Depuis le premier titre olympique obtenu par Jordan, en 1984, le monde a connu d'immenses bouleversements. Le Mur de Berlin est tombé, l'Union soviétique a disparu, le communisme ne survit que dans quelques pays. Le mouvement olympique a épousé cette mutation. L'amateurisme cher au baron de Coubertin a vécu, et les sportifs professionnels sont officiellement autorisés à participer aux jeux Olympiques de Barcelone en 1992. La N.B.A. va se saisir de l'opportunité pour mener une gigantesque opération de marketing qui va la faire connaître et admirer dans les coins les plus reculés de la planète. En outre, les États-Unis ont une revanche sportive à prendre, puisque leur équipe, alors composée de joueurs universitaires, avait été battue en demi-finale par l'Union soviétique lors des jeux Olympiques de Séoul en 1988.
Jordan, fatigué et qui aspire à du repos, hésite à participer à l'aventure. Chuck Daly, le coach de l'équipe, doit aussi prendre en compte les egos de stars habituées à s'affronter durement pendant l'année. Il parvient finalement à vaincre les réticences de tous. Douze apôtres du sport-spectacle vont donc disputer le tournoi olympique de basket-ball : Michael Jordan, « Magic » Johnson, Larry Bird, Charles Barkley, Karl Malone, John Stockton, Scottie Pippen, Clyde Drexler, David Robinson, Chris Mullin, Patrick Ewing, enfin Christian Laettner, le seul joueur universitaire. Jamais une telle pléiade de talents n'avait été réunie, jamais plus elle ne le sera. Durant ces Jeux, athlètes, nageurs et gymnastes voient leurs performances éclipsées par les démonstrations de la « Dream Team ». À Barcelone, le basket-ball est le sport-roi. Quand la formation américaine joue, personne ne s'inquiète du résultat – la victoire est une évidence –, on ne se demande pas quel sera l'écart – les Américains remportent leurs matchs avec une incroyable avance moyenne de 43,8 points. On s'extasie plutôt sur telle étonnante innovation, telle improbable acrobatie ou telle surprenante combinaison proposée par ces artistes du jeu. La démonstration est éblouissante, les États-Unis dominent la Croatie (117-85) en finale. Jordan résume cette aventure : « Cette médaille d'or ne pourra jamais dire à quel point cette équipe jouait magnifiquement au basket-ball. Cette équipe, on ne peut pas en parler avec des mots. »
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