5. Perspectives
Plus que jamais on sait aujourd'hui qu'il va falloir procéder à une forte évolution des pratiques de l'agriculture intensive afin que celle-ci soit plus respectueuse de l'environnement, plus durable et nécessairement compatible avec la rentabilité économique des exploitations agricoles et des filières de production. Dans ce contexte, la lutte biologique présente de nombreux atouts que l'on peut fonder sur quatre constats : de nombreux succès sont acquis et pourront être suivis par d'autres tout aussi performants ; les connaissances de la biologie des ennemis des cultures ou des auxiliaires ainsi que des déterminants écologiques, physiologiques et génétiques de leurs populations sont de mieux en mieux connus ; la préservation de la biodiversité sera un critère croissant de l'impact écologique des pratiques agricoles, ce qui doit favoriser les méthodes de lutte biologique ; enfin, il va falloir faire appel à des procédés de lutte durable même s'ils sont moins efficaces, ce qui privilégiera à nouveau des approches biologiques.
Pour autant le développement de la lutte biologique continue d'être confronté à certaines difficultés : l'emploi des procédés de lutte biologique implique souvent des compétences de terrain encore insuffisamment développées ; la lutte biologique s'inscrit parfois dans une logique de contrôle réduit des populations des ennemis des cultures qui n'est encore facilement admis ni par les producteurs, ni par le commerce, ni malheureusement par la plupart des consommateurs ; le manque d'une réglementation adaptée pénalise depuis trop longtemps le développement de la lutte biologique ; l'évaluation des bénéfices économiques d'un programme de lutte biologique, notamment par acclimatation, demeure trop fragmentaire et trop rare, empêchant ainsi une communication incitative sur le réel apport de la lutte biologique.
C'est donc vers une intégration harmonieuse de différents procédés de lutte eux-mêmes intégrés dans des systèmes agricoles innovants que s'orientent tant l'agriculture pourvoyeuse des grands marchés que l'agriculture de niche, plus inféodée aux marchés locaux et régionaux.
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