3. Les biopesticides
La définition du terme biopesticides est un débat en soi et l'appellation semble être réservée aux produits en phase de commercialisation. Pour certains, ce vocable correspond uniquement à l'utilisation d'organismes vivants (auxiliaires, prédateurs, parasitoïdes ou pathogènes). D'autres estiment qu'il peut s'appliquer aux composés d'origine biologique (phéromones, kairomones, éliciteurs...) qui jugulent des populations de ravageurs ou de pathogènes.
Si tous les biopesticides, quelle que soit leur définition, ont une identité biologique à l'origine, ils ne sont pas forcément naturels. Cette précision est d'importance pour le développement de ces produits phytosanitaires. En effet, quand les sources naturelles d'approvisionnement sont restreintes, le recours à la copie synthétique de molécules identifiées dans les organismes biologiques devient nécessaire. C'est d'ailleurs le cas de la plupart des phéromones sexuelles commercialisées qui sont reconstituées à partir de molécules de synthèse.
Une autre manière d'exploiter le mode d'action des biopesticides consiste à introduire, dans la plante, le ou les gènes codant pour leurs toxines ; l'exemple le plus actuel concerne les variétés Bt de maïs ou de coton. Cette stratégie, donnant des organismes génétiquement modifiés et sujette à controverse, n'est pas traitée ici car elle fait partie intégrante de la lutte génétique, au même titre que la création de variétés conventionnelles résistantes.
• Les différentes catégories de biopesticides
On distingue généralement deux types de biopesticides : ceux qui sont à base d'organismes vivants et ceux qui sont à base de substances biologiques naturelles.
La première catégorie inclut des organismes procaryotes ou eucaryotes. Une grande diversité d'organismes biologiques sont ainsi utilisés dans des formulations parmi lesquels :
– des bactéries pathogènes d'insectes (dites entomopathogènes) ou antagonistes de champignons pathogènes ;
– des
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 11 pages…



