Le terme biodiversité apparaît pour la première fois dans la littérature scientifique, sous sa forme anglaise (biodiversity), quelques années avant la conférence de Rio (1992) puis se diffuse dans le monde entier après cet événement. Consacré à l'environnement et au développement durable dans le cadre d'un programme des Nations unies, ce « Sommet de la Terre », auquel ont participé de nombreux chefs d'État, a donné le jour à la Convention sur la diversité biologique, ratifiée par la grande majorité des pays, à l'exception notable des États-Unis d'Amérique. Dans ce contexte politique et mondial, marqué par des préoccupations et des engagements concernant l'environnement et le développement de la planète, le mot biodiversité a pris un sens sensiblement différent de celui de l'expression « diversité biologique », permettant de faire sortir cette notion de la sphère des seuls biologistes.
1. De la diversité du vivant au concept de biodiversité
Que la vie se manifeste sous des formes très diverses est un fait bien connu, et de longue date. Quand ils peignaient des bisons, des lions, des sangliers ou des antilopes, les hommes des cavernes témoignaient déjà, entre autres, de leur connaissance d'un monde vivant diversifié. Depuis lors, les naturalistes, paléontologues, systématiciens, puis écologues et généticiens n'ont cessé de faire état de la diversité du vivant, c'est-à-dire de la richesse des espèces vivantes et disparues, de la variabilité génétique au sein des populations d'une même espèce, de la diversité des fonctions écologiques qu'elles assument et des écosystèmes qu'elles constituent.
Ainsi, apparue il y a 3,8 milliards d'années dans les eaux de la planète Terre, sous forme de molécules puis de protocellules capables de s'autorépliquer, la vie n'a cessé de se diversifier tout en se transformant. Quand de nouvelles espèces naissaient, d'autres disparaissaient : comme les individus qui les constituent, les espèces sont mortelles, mais leur durée de vie se compte, en moyenne, […]
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