Né à Torazino dans la province d'Otrante, le philosophe Vanini tranche sur les penseurs graves et pondérés de l'école de Padoue par un esprit inquiétant et caustique, une vie vagabonde et aventureuse, féconde en feintes et en volte-face, un trépas affreux et à sa manière édifiant. Prêtre, et même carme, il quitte rapidement le couvent pour étudier à Padoue Aristote et Averroès. Il voyage en Bohême, en Allemagne, aux Pays-Bas. On le voit, courtisan, lancer mille feux dans l'entourage de Marie de Médicis. Bon apôtre, il réfute en deux apologies l'ouvrage des libertins et des hérétiques. Il touche à la gloire mais une histoire de mœurs et d'assassinat l'oblige à fuir. En Grande-Bretagne, le voici sous le haut patronage de l'archevêque de Cantorbéry, néophyte zélé converti à l'anglicanisme. Pour peu de temps. Revenu à la foi de ses pères, il obtient la protection des Jésuites, auxquels il offrira en gage son Amphitheatrum aeternae Providentiae divino-magicum (1615). Soumis en apparence au dogme de l'Église romaine, il tient en privé des propos qui sentent le soufre et enseigne à vivre selon la loi naturelle. En 1616, ce calculateur, qui est un téméraire, publie, après les a […]
