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VANINI LUCILIO (1585-1619)

Né à Torazino dans la province d'Otrante, le philosophe Vanini tranche sur les penseurs graves et pondérés de l'école de Padoue par un esprit inquiétant et caustique, une vie vagabonde et aventureuse, féconde en feintes et en volte-face, un trépas affreux et à sa manière édifiant. Prêtre, et même carme, il quitte rapidement le couvent pour étudier à Padoue Aristote et Averroès. Il voyage en Bohême, en Allemagne, aux Pays-Bas. On le voit, courtisan, lancer mille feux dans l'entourage de Marie de Médicis. Bon apôtre, il réfute en deux apologies l'ouvrage des libertins et des hérétiques. Il touche à la gloire mais une histoire de mœurs et d'assassinat l'oblige à fuir. En Grande-Bretagne, le voici sous le haut patronage de l'archevêque de Cantorbéry, néophyte zélé converti à l'anglicanisme. Pour peu de temps. Revenu à la foi de ses pères, il obtient la protection des Jésuites, auxquels il offrira en gage son Amphitheatrum aeternae Providentiae divino-magicum (1615). Soumis en apparence au dogme de l'Église romaine, il tient en privé des propos qui sentent le soufre et enseigne à vivre selon la loi naturelle. En 1616, ce calculateur, qui est un téméraire, publie, après les avoir expurgés, ses dialogues De admirandis naturae reginae deaeque mortalium arcanis, démontrant à ces messieurs de la Sorbonne qu'il les avait bel et bien dupés. Nouveau scandale, nouvelle fuite, nouveau changement d'identité. Pompeio Usiglio, alias Vanini, gagne Toulouse. Dans la société de jeunes débauchés qu'il éblouit par ses paradoxes, par ses railleries des choses sacrées et par les libertés qu'il prend avec l'orthodoxie et avec la religion en général, il effarouche un jeune seigneur qui divulgue « ses secrets ». Emprisonné à la suite de cette indiscrétion, il est condamné à avoir la langue arrachée et à être brûlé vif. Il meurt courageusement, se payant le luxe de jeter définitivement le masque, repousse le crucifix, proclame que Dieu n'existe pas et que la mort n'est que l'antichambre du néant.

Il a laissé deux ouvrages, l'Amphitheatrum et les dialogues, où se déploient ses qualités : habileté dialectique, force de dénigrement, indépendance vis-à-vis de ses maîtres, connaissance étendue des systèmes les plus divers, malice enfin... L'Amphitheatrum, plus qu'un bréviaire d'athéisme, est une revue des différents systèmes et un document inestimable sur l'état de la spéculation au début du xviie siècle. Dans les dialogues, qui s'achèvent sur une profession de scepticisme et l'éloge du plaisir fugace, il se montre un vulgarisateur de génie, prompt à dénoncer les failles de tous les échafaudages philosophiques. Il a largement contribué à répandre au-delà de son pays natal et notamment en France la libre pensée italienne.

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Écrit par :  Robert ABIRACHEDAntoine ADAM

Dans le chapitre "Le matérialisme"  : …  1462-1525), qui enseignait la « mortalité » de l'âme. On avait vu en France, à Paris et à Toulouse, *Lucilio Vanini (1585-1619), ancien étudiant de Pomponazzi et tout rempli de l'averroïsme de son maître. Mais surtout les « curieux » avaient connaissance de Giordano Bruno (1548-1600), de sa mort tragique et de sa philosophie. Contre celui-ci, le P. … Lire la suite

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