Maître des requêtes en 1763, Louis Bertier de Sauvigny devient l'adjoint de son père, Louis Jean, qui avait été nommé intendant de la généralité de Paris en 1744, et il lui succède, en 1771, lorsque Louis Jean est appelé par Louis XV à la présidence du parlement Maupeou. Sous son administration, aussi éclairée qu'énergique, l'immense généralité de Paris, dont l'étendue couvrait six des départements actuels, bénéficie d'améliorations, entre autres un cadastre général des terres qui permet d'asseoir la taille sur un système nouveau de tarification. Au cours des premiers mois de 1789, il réussit à assurer le ravitaillement de la capitale, malgré les bandes qui cherchent à aggraver la famine, de même qu'il lui revient d'assurer la subsistance des troupes que Louis XVI a décidé de concentrer autour de Paris, au début de juillet 1789. Désigné par le parti d'Orléans comme un affameur du peuple, il refuse de céder aux conseils de ses proches qui le supplient de se mettre en sûreté, résolu à garantir, en dépit des difficultés, le ravitaillement de la capitale et des troupes qui se retirent. C'est alors qu'il est arrêté, le 18 juillet, à Compiègne, où il était allé se concerter avec son subdélégué. L'assemblée des électeurs de Paris envoie une forte escorte pour le ramener dans la capitale où il arrive dans la soirée du 22 juillet. À l'Hôtel de Ville, Bailly et La Fayette — débordés par le peuple, qui vient de pendre Joseph Foullon, ancien ministre de la Guerre — ne peuvent empêcher l'exécution de Louis Bénigne Bertier de Sauvigny, sur la place de Grève.
Guillaume de BERTHIER DE SAUVIGNY
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