4. Le risque de la dématérialisation
Le logiciel occupe une place centrale dans nos économies mondialisées, nos machines, nos systèmes, nos loisirs et même notre vie de tous les jours. Nos sociétés sont devenues dépendantes de notre capacité à créer, adapter, faire évoluer, corriger, remplacer cette étrange « matière », concentré de connaissances de toute nature, constituée des milliards d'instructions dont dépendent désormais leur bon fonctionnement et notre confort.
Le logiciel est devenu de facto un enjeu stratégique majeur, mais en a-t-on vraiment conscience ? Rien n'est plus facile que de copier, voler, modifier (virus informatiques) le logiciel et les données qu'il manipule. Mais fait-on le nécessaire pour que ce fragile équilibre ne s'effondre pas un jour comme un bâtiment qui n'a pas respecté les normes sismiques du terrain dangereux où il a été construit ? Chacun a encore en mémoire ce qui fut présenté, d'ailleurs à tort, comme le bug de l'an 2000 (codage de l'année sur deux chiffres au lieu de quatre, par exemple « 85 » au lieu de « 1985 », ce qui aurait fait écrire « 00 », interprété comme « 1900 », au lieu de « 2000 », et entraîné une multitude d'erreurs). Il serait grand temps de traiter le logiciel avec le même sérieux que le silicium de nos microprocesseurs. L'industrie de la connaissance, comme on dit parfois, est d'abord et avant tout l'industrie du logiciel qui la matérialise, il ne faut jamais l'oublier !
Dans un numéro spécial de la revue IEEE Spectrum de septembre 2005, consacré au logiciel, un article de Robert Charette au titre évocateur, « Why software fails », dressait une liste impressionnante d'échecs de projets, le software hall of shame, qui devrait amener les décideurs à s'interroger. Le plus surprenant dans cette liste était que la plupart des échecs auraient pu être évités si les acteurs s'y étaient pris autrement et avaient respecté le b.a.-ba de l'ingénierie logiciel.
Il ne fait aucun doute aujourd'hui que le niveau moyen des informaticien […]
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