Poète guyanais né à Cayenne, Léon Gontran Damas est le premier à exploser de colère et de rage sous la camisole de force de la colonisation française. Soumis au cours de son enfance à l'éducation « créole » qui prétendait transmettre les valeurs françaises, il souffre d'endurer le « désastre » que provoque en lui une telle éducation, qui lui inspirera plus tard son célèbre poème Hoquet. Il va à l'école primaire à Cayenne, puis au lycée Schœlcher de Martinique qu'il quitte en 1926 pour le collège de Meaux près de Paris où il obtient son baccalauréat en 1928. D'abord inscrit à la faculté de droit pour obéir à sa famille, il est vite tenté par plusieurs directions culturelles : les cours de russe et de japonais à l'École des langues orientales l'attirent avant qu'il n'aboutisse à l'Institut d'ethnologie, où il rencontre Jacques Roumain. Au vrai, il cherche à remonter aux sources de son identité et ce cheminement difficile — vu l'époque — lui vaut l'opprobre de ses parents qui lui coupent les vivres, ce qui l'oblige à travailler comme débardeur et comme plongeur. Passionné de poésie, il apprend à connaître les poètes nègres des États-Unis d'Amérique : Langston Hughes, Alan […]
