Le Mercure de France, dont le premier numéro parut le 1er janvier 1890, fut fondé par un groupe de jeunes écrivains (G. Albert Aurier, J. Court, L. Denise, E. Dubus, L. Dumur, R. de Gourmont, J. Leclercq, E. Raynaud, J. Renard, A. Samain) qui, « ayant découvert les capacités administratives d'Alfred Vallette, avaient décidé de se mettre sous sa direction » (Remy de Gourmont : Promenades littéraires, IVe série). Sous la houlette de Vallette et de son épouse Rachilde, Le Mercure de France, qui fut d'abord une revue, puis, conjointement à partir de 1894 une maison d'édition, exerça une influence prépondérante sur l'intelligentsia parisienne. Ouvert aux jeunes talents, aux écoles littéraires (notamment le symbolisme) et aux avant-gardes, aux poètes (Henri de Régnier, Francis Jammes) comme aux romanciers (Gide, Duhamel), aux dramaturges (Jarry, Claudel) et aux essayistes (L. Bloy), Le Mercure de France a contribué au rayonnement des idées et de l'art moderne. Grâce à lui, les littératures étrangères ont été mieux connues (Yeats, Musil, Borges, Séféris) et la critique contemporaine a disposé d'une tribune (Caillois, Sollers).</ […]
