Le plus engagé politiquement des poètes américains, Lawrence Ferlinghetti n'est sûr ni du lieu ni de la date de sa naissance. Selon lui, son père mourut peu avant qu'il ne vînt au monde, sa mère entra dans un hôpital psychiatrique et une parente l'emmena en France, où il passa la plus grande partie de son enfance. Rentré aux États-Unis, il fut officier dans la marine américaine pendant la Seconde Guerre mondiale ; il avait entrepris des études universitaires, qui le menèrent jusqu'à la Sorbonne, où il obtint un doctorat en 1951.
C'est Ferlinghetti qui créa le beat movement à San Francisco, vers 1955. Sa librairie City Lights, la première librairie des États-Unis à ne vendre que des livres brochés, est l'un des premiers rendez-vous des poètes de la beat generation qui rejettent le style formel et académique prévalant à l'époque, pour composer des œuvres où sensations et sentiments seraient saisis dans ce qu'ils ont de plus immédiat, sans se soucier de l'incohérence et du morcellement produits. Éditeur, Ferlinghetti est le premier à publier dans le cadre des éditions City Lights Books leurs recueils de poèmes, notamment en 1956, Howl d'Allen Ginsberg.
Ferlinghetti compose parfois ses poèmes sur bande magnétique, la plupart étant destinés à être lus à haute voix. Il est l'auteur de plusieurs recueils de poèmes, parmi lesquels Images du monde disparu (Pictures of the Gone World, 1955) ; En partant de San Francisco (Starting from San Francisco, 1961) ; Le Sens caché des choses (The Secret Meaning of Things, 1968) ; Nuit mexicaine (Mexican Night, 1970). Il a écrit aussi deux pièces de théâtre, Débats à armes inégales avec l'existence (Unfair Arguments with Existence, 1963), Routines (1964), et un roman, Her (1960), traduit en français sous le titre de La Quatrième Personne du singulier. Il continue à écrire des poèmes à tendance politique, comme le suggèrent les titres suivants : Mille Paroles de crainte pour Fidel Castro (One Thousand Fearful Words for Fidel Castro, 1961), Où est le Vietnam (Where Is Vietnam, 1965) et Tyrannus Nix […]
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