Originaire de Barcelone, Julio González apprend les rudiments du métier de sculpteur sur métal auprès de son père, qui est orfèvre, en compagnie de son frère aîné Joan. Ils fréquentent tous deux l'École des beaux-arts de Barcelone et connaissent un certain succès avec leurs travaux décoratifs en fer forgé. Sa famille venant s'installer à Paris en 1900, Julio y retrouve Picasso et devient familier du groupe d'amis qui entoure ce dernier. Il fréquente les mêmes Salons où il expose de grands pastels qui dénotent une influence de Degas et de Puvis de Chavannes. Il commence à exécuter quelques masques en métal repoussé quand la mort de son frère Joan, en 1908, le jette dans un profond désarroi matériel et moral et lui fait abandonner la carrière artistique pendant près de vingt ans. Travaillant aux usines Renault en 1917, il y apprend la soudure autogène, technique qu'il appliquera dix ans plus tard à la sculpture. Pendant cette longue période de doute, il hésite longuement entre la peinture et la sculpture avant d'opter définitivement pour cette dernière. Entre 1926 et 1929, il réalise une série de sculptures en fer forgé ainsi que des masques et des natures mortes en fer découpé. Dans les premières œuvres, les morceaux de métal sont rivetés, ils seront ensuite soudés. González va initier Picasso, qui l'emploiera comme assistant, à cette technique. Au cours des années trente, son style évolue et ses figures sont de plus en plus abstraites. González montre alors un très grand intérêt pour l'espace : « Projeter et dessiner dans l'espace à l'aide de moyens nouveaux, profiter de cet espace et construire avec lui comme s'il s'agissait d'un matériau nouvellement acquis, là est toute ma tentative. » Ces recherches donnent naissance à des sculptures comme Ange ou Femme se coiffant, œuvres dont les titres sont souvent nécessaires pour « reconnaître » leur réalité humaine. Il est intéressant de rappeler que González avait adhéré en 1932 au groupe constructiviste Cercle et Carré. C'est peu avant la Seconde Guerre mo […]
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