Né à Buenos Aires, formé à l'université du Théâtre des Nations, à Paris. Lavelli est un des metteurs en scène les plus originaux de ces quelques dernières années. Premier prix au concours des Jeunes Compagnies dramatiques en 1963, il révèle en France Witold Gombrowicz avec la pièce Le Mariage (1963), puis avec Yvonne, princesse de Bourgogne. Lavelli libère l'imaginaire sans crainte de la démesure, tapageuse parfois, mais toujours avec rigueur. Son talent visuel et sonore se double toujours d'un excellent travail sur l'acteur. Tenté par l'esthétisme fragile, il a monté la version que donna Jean Vauthier de la Medea de Sénèque et Le Concile d'amour d'Oskar Panizza. Avec plus de rigueur, il mit en scène plusieurs pièces d'Arrabal, dont L'Architecte et l'empereur d'Assyrie (1967). Plus réussie encore sera sa mise en scène de L'Échange de Claudel, qui se caractérise par une jeunesse, une justesse de ton, une vérité et un parfait équilibre des corps et des voix. Lavelli fait également connaître les œuvres de son compatriote Copi, en montant l'Homosexuel, ou la Difficulté de s'exprimer (1973) et Les Quatre Jumelles (1974).
Cependant, malgré de nouvelles mises en scène au théâtre — La Mante polaire de Rezvani (1977), La Tour de Babel d'Arrabal (1979), Le Conte d'hiver (dans la cour d'honneur du palais des Papes à Avignon en 1980) —, il se tourne de plus en plus vers l'opéra où ses audaces apparaissent comme une provocation. En 1975, en même temps qu'il met en scène un magique Idoménée, son Faust, réinscrit dans un étonnant décor de poutrelles et de verrières dû à Max Bignens, suscite le scandale et la polémique. Mais il s'impose définitivement avec La Traviata, créée au festival d'Aix, en 1976. Depuis lors, il parcourt toutes les grandes scènes, tant en France qu'à l'étranger. En 1980, il a monté Dardanus de Rameau, Les Noces de Figaro, de nouveau à Aix, avant de présenter L'Heure espagnole, puis Le Château de Barbe-Bleue à Nancy. Les années suivantes voient sa carrière se partager entre les mises en scène d'opéra et de théâtre. De 1983 à 1987, il monte Norma, Faust, Orphée aux enfers, Alcina, Salomé, Œdipus rex, La Clémence de Titus pour les scènes françaises et européennes. Nommé, en 1987, à la direction du Théâtre national de la Colline dans le XXe arrondissement de Paris, un poste qu'il occupera jusqu'en 1996, il se consacre aux auteurs contemporains. Il crée en France Le Public de Lorca (1987), une pièce toute surréaliste, puis Une visite inopportune de Copi (1988), Réveille-toi Philadelphie de Billetdoux et Greek du dramaturge anglais Steven Berkoff (1990).
Armel MARIN
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