Né à Morlaix, fils d'un avocat breton, étudiant en droit à Rennes, le jeune Moreau est déjà mêlé, comme prévôt des étudiants, aux troubles parlementaires de la ville en 1788 ; c'est lui qui fonde et préside la Fédération de la jeunesse bretonne et angevine à Pontivy en 1790. Lieutenant-colonel dans l'armée du Nord en 1792, il sert sous Dumouriez — qu'il refuse de suivre contre la République après Neerwinden —, puis sous Pichegru, et succède à ce dernier en 1795 au commandement en chef de l'armée du Nord, puis de l'armée de Rhin-et-Moselle en 1796. Ayant reçu mission de combiner une offensive avec Jourdan (Sambre-et-Meuse), il laisse celui-ci attaquer seul, s'ébranle tard après de longs préparatifs et pousse vers Munich ; la défaite de Jourdan, avec lequel il a refusé de coordonner ses mouvements, l'oblige à se retirer ; il accomplit alors à travers la Forêt-Noire une retraite fort savante. En 1797, même jeu avec Hoche (toujours Sambre-et-Meuse) qu'il laisse attaquer seul, mais cette fois Hoche est vainqueur sans lui. En 1799, envoyé en Italie, Moreau est battu par Souvorov à Cassano ; après le désastre de Novi, il ramène sur Gênes les débris de l'armée par une retraite derechef […]
