Parisien des Halles, fils d'un riche marchand de poisson salé, mais orphelin de père dès sa tendre enfance, Jean-François Regnard est élevé par sa mère et ses quatre sœurs, fait de bonnes études et entre en apprentissage chez un mercier. Les démons du voyage, du jeu et de la poésie le saisissent de bonne heure. Avant vingt ans, il part pour Constantinople, revient au bout de deux ans, puis, en 1677, il repart pour l'Italie avec M. de Fercourt. En cours de route il vit avec Mme de Prades l'aventure amoureuse qu'il romancera dans La Provençale. Sur mer, lui, sa belle, le mari de celle-ci et Fercourt sont capturés par des pirates barbaresques qui les vendent comme esclaves à Alger. Huit mois plus tard, la rançon arrive, et les deux compagnons peuvent libérer Mme de Prades. En 1681, Regnard repart, avec Fercourt, pour l'Europe septentrionale et centrale : Pays-Bas, Danemark, Suède, Laponie (d'où le fameux Voyage en Laponie, quelque peu romancé aussi), Pologne, Autriche, Allemagne. Au retour, il achète la sinécure de trésorier de France à Paris. Sa situation bien assise, il se tourne vers le théâtre, donne d'abord des farces aux Italiens (L […]
