« Peintre en miniature » — comme il est simplement gravé sur la tombe du Père-Lachaise où repose également son fils Eugène (1803-1886), le peintre romantique — mais aussi, selon la titulature dont il bénéficie sous le Premier Empire, « peintre dessinateur du cabinet de S.M. l'Empereur, des cérémonies et relations extérieures », Jean-Baptiste Isabey a tenu une place considérable dans la vie artistique et mondaine des années 1800-1850, et cela sous tous les régimes. L'artiste, en vérité, a beaucoup et souvent trop rapidement produit, aux dépens parfois de la qualité. L'Empereur lui-même le lui reprocha, comme le traduit cette note du grand maréchal du palais, Duroc, le 8 août 1807 : « S.M. a été fort mécontente des portraits de M. Isabey [les effigies de Napoléon étaient commandées par séries] et elle désirerait qu'il fasse mieux ou que l'on employât un autre peintre. » Il est vrai qu'Isabey conserva ses privilèges et réussit même à faire augmenter des honoraires, pourtant jugés exorbitants.
Aussi bien le talent d'Isabey n'a-t-il jamais été discuté. Il est le meilleur portraitiste en miniature de son siècle. Dès son apprentissage à Nancy, chez Claudot, peintre de Stanislas, […]
