Le plus fameux de ceux que Michelet a appelés « les missionnaires de la Terreur ». Fils d'un cultivateur aisé du Cantal, procureur à la veille de la Révolution, Carrier est élu par son département d'origine à la Convention. Il siège à la Montagne, vote la mort du roi, prend parti contre les Girondins. C'est dans sa mission à Nantes qu'il révèle un tempérament sanguinaire que la tradition a peut-être exagéré et que certains biographes, dont Gaston Martin, expliquent par le caractère particulier de la guerre civile de Vendée. L'échafaud paraissant trop lent à Carrier pour combattre l'insurrection royaliste, il organise les noyades de Nantes (94 prêtres périrent ainsi dans la Loire). Il aurait même inventé — mais ce point est fort controversé — « les mariages républicains », supplice digne du marquis de Sade, son contemporain, et qui consistait à précipiter dans le fleuve un jeune homme et une jeune fille liés ensemble. « Quel torrent révolutionnaire que la Loire ! », écrivait Carrier à la Convention le 20 frimaire an II. Devenu gênant, il est rappelé à la demande de Robespierre ; la réaction thermidorienne, qui en fit le parangon de la Terreur, le fit juger et exécuter le 16 décembre 1794.
Jean TULARD
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