Danseur, chorégraphe et comédien français. Après des études à l'Opéra de Paris (1936-1940) où il est élève d'Alexandre Volinine et de Victor Gsovsky, Jean Babilée, de son vrai nom Jean Gutmann, débute à Cannes après la guerre dans la compagnie de Marika Besobrasova. Puis il est danseur étoile aux Ballets des Champs-Élysées (1945-1950), où il crée Jeu de cartes (Stravinski, Janine Charrat, 1945), Le Jeune Homme et la Mort (Bach, Wakhévitch, argument Cocteau, Roland Petit, 1946), L'Amour et son amour (César Franck, Cocteau, 1948), Till Eulenspiegel (R. Strauss, Tom Kéogh, 1949). Il danse en représentation sur différentes scènes aux États-Unis, au Canada, en Italie. Engagé à l'Opéra de Paris en 1952, il fonde sa propre compagnie en 1955 ; il crée avec elle Balance à trois (J.-M. Damase, Tom Kéogh, 1955), Le Camaléopard (1956), Sable (1956). Il découvre ensuite l’univers du cinéma et du théâtre. Au cinéma, Babilée tourne avec Henri Bromberger, Georges Franju, Michel Drach, Jacques Baratier... Au théâtre, il joue dans Le Balcon (1960) de Jean Genet ainsi que dans La Reine verte de Maurice Béjart (1963), spectacle alliant danse et théâtre.
Après différentes apparitions sur des scènes françaises, il danse avec le Ballet-Théâtre contemporain dont les assises sont à la maison de la culture d'Amiens (1968-1970), où il crée Hai-Kaï sur une musique de Webern et, en 1971, l'Histoire du soldat (Stravinski). Il est nommé directeur artistique et chorégraphe du Ballet du Rhin en 1972, poste qu'i quitte un an plus tard. Maurice Béjart crée spécialement pour lui Life, évocation de sa propre vie, à New York, en 1979. Babilée revient à la danse en 1983, en particulier dans les spectacles Rock de Jacques Higelin au cirque d'Hiver. Cette même année, Roland Petit, trente-sept ans après, lui redonne Le Jeune Homme et la mort au théâtre du Châtelet. À la fin des années 1980, il interprète les pièces de jeunes chorégraphes (François Verret, Evita Braun). On le voit également dans une reprise de Life, avec Marie-Claude Pietragalla, dans Balance à trois (1994, 1997) et Vita Nova (1995), avec Maurice Béjart.
Avec les exceptionnelles qualités plastiques qui le caractérisent et une technique parfaite, Jean Babilée a développé un style aux gestes précis et félins, ainsi qu'une présence scénique inséparable de son intelligence.
Jane PATRIE
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