Jean el-Mouhouv Amrouche est né à Ighil-Ali (Petite Kabylie). Peu de temps après sa naissance, sa famille, christianisée et francisée, émigre à Tunis. Après des études au collège Alaoui de cette ville, Jean Amrouche est reçu à l'École normale supérieure de Saint-Cloud ; il devient ensuite professeur à Sousse, puis à Bône et à Tunis.
De 1934 à 1939, il collabore aux Cahiers de Barbarie (par des études et par des poèmes, notamment « Cendres », 1934 ; « Étoile secrète », 1937) ; producteur à Alger de la Radiodiffusion française (1944), il est, à partir de 1945, nommé à Paris rédacteur en chef de la revue L'Arche. Il réalise sur la chaîne nationale des entretiens avec des écrivains (Claudel, Gide, Giono, Jouhandeau, Mauriac...) et assure une émission hebdomadaire « Des idées et des hommes » ; en 1958, il est nommé rédacteur en chef du journal parlé mais révoqué en 1959 en raison de ses prises de position politiques : il se veut lien vivant entre le F.L.N. et la France et fidèle à ses deux patries. Il meurt quelques mois après sa réintégration à la Radio (1962), mais sans avoir assisté à l'indépendance de l'Algérie.
Hybride culturel, pris dans le « double étau de fidélités antagonistes », Jean Amrouche s'est épuisé à réconcilier en lui deux traditions. Possédant le génie de l'alternance, tantôt il interprète son peuple d'origine, tantôt il découvre des « intercesseurs » chez les grands écrivains français. Il donne une traduction française des Chants berbères de Kabylie, recueillis de la bouche de sa mère et, dans « L'Éternel Jugurtha » (L'Arche, t. XIII, févr. 1946), il dresse le portrait contrasté (son autoportrait ?) du Maghrébin moderne.
Parmi les nombreux textes donnés à des journaux français, on retiendra notamment « La France comme mythe et comme réalité » (Le Monde, 11 janv. 1958) où il dénonce la mystification coloniale.
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