Les racines de la puissance économique du Japon remontent à l'ère Meiji (1868-1912), lorsque le pays passe du féodalisme à la modernité. Le but de rattraper l'Occident soude la population dans un effort collectif, matérialisé par le décollage économique : la croissance du P.I.B. passe de 1,2 p. 100 par an, en moyenne, entre 1879 et 1885, à 4,3 p. 100 entre 1885 et 1898.
Dès la fin du xixe siècle, le Japon opte pour une politique expansionniste : première guerre sino-japonaise (1894-1895) et guerre russo-japonaise (1904-1905). Il poursuit cette politique en Asie, participe à la Première Guerre mondiale et devient un belligérant majeur de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à ce que les États-Unis le contraignent à capituler en août 1945.
Dans un pays ruiné, l'État planifie la reconstruction, structure le tissu industriel et encourage l'épargne et l'éducation de masse. Le modèle de développement socio-économique se révèle pertinent pour faire du Japon une grande puissance industrielle, commerciale et financière.
Devenu deuxième puissance économique mondiale au début des années 1990, le Japon traverse une décennie de crise mettant au jour des fragilités financières, révélatrices de déséquilibres sectoriels et de difficultés d'adaptation de l'économie au nouveau contexte de la mondialisation. Cette décennie de crise n'est pourtant pas une « décennie perdue », compte tenu des changements adoptés, mais plutôt d'une « décennie de transition » conduisant à la ré-expansion de 2002-2007.
Cette reprise est stoppée brutalement en 2008 et 2009 par le ralentissement des échanges internationaux liés à la crise financière mondiale. Si la bonne intégration commerciale de l'économie nippone à l'Asie a facilité son rebond l'année suivante, des signes de ralentissement montrent que sa stabilisation n'est pas encore acquise dans le difficile contexte du vieillissement démographique. Les conséquences catastrophiques du tremblement de terre de Sendai survenu le 11 mars 2011 ont rendu plus incertaine encore cette stabilisation[…]
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