2. Mr. Dynamite
L'étonnante capacité de Brown à « hurler » en chantant juste, à interpréter des ballades lentes mélancoliques aussi bien que des airs au rythme enlevé, à sonder les possibilités rythmiques de la voix humaine et de l'accompagnement instrumental, le génie dont il a fait preuve en mêlant les styles vocaux du blues, du gospel, du jazz et de la country music ont fait de lui l'un des chanteurs les plus influents du xxe siècle. Ses extraordinaires numéros de danse, ses sauts acrobatiques, ses atterrissages brutaux sur les genoux, ses schémas rythmiques complexes, ses entrées dramatiques et ses sorties mélodramatiques ont créé de nouveaux canons pour les concerts de musique pop et inspiré maints imitateurs (Michael Jackson n'est pas le moindre). L'attention scrupuleuse qu'il apportait à tous les aspects de ses spectacles, de l'arrangement des chansons à la supervision des instrumentistes, de la négociation des cachets au choix des costumes, ont établi de nouveaux standards de qualité.
Le nom de James Brown reste indissociable d'un éventail exceptionnel de chansons mémorables, de pas de danse, de tendances de mode et même de questions sociales importantes. Danseur et chanteur consommé, doté d'un remarquable sens du tempo, Brown a joué un rôle majeur dans l'art de placer le rythme au premier plan de la musique populaire. Tout en jouant la mélodie et les ornements, les bois et cuivres de ses orchestres constituaient une section rythmique (ils devaient penser comme des batteurs) et les musiciens qui ont travaillé avec lui (le guitariste Jimmy Nolen, la chanteuse Marva Whitney, le bassiste et chanteur William « Bootsy » Collins, le tromboniste Fred Wesley, le saxophone alto Maceo Parker...) ont joué un rôle important dans la création du vocabulaire et de la grammaire de base de la musique funk.
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