
Biochimiste français dont les travaux ont largement contribué à la naissance et au développement de la biologie moléculaire. Né à Paris, Jacques Monod, après des études secondaires à Cannes, regagne Paris en 1928, s'inscrit à la faculté des sciences, passe sa licence en 1931, puis prépare, au Laboratoire d'évolution des êtres organisés (1932-1934), une thèse de doctorat sur la cinétique de la croissance des populations bactériennes, thèse qu'il soutient en 1941. Une bourse Rockefeller lui permet un stage d'un an (1936) au California Institute of Technology où, dans le laboratoire de T. H. Morgan, il aborde une science peu connue en France à l'époque, la génétique. En 1942, il publie Recherches sur la croissance des cultures bactériennes.
Il prend part à la Résistance sous l'Occupation, puis appartient, en 1944-1945, à l'état-major de la Ire armée. Après la Libération, il entre à l'Institut Pasteur dans le service d'A. Lwoff. Chef de laboratoire (1945-1953), puis chef du service de physiologie microbienne (1953), il est chargé, en 1954, de la création et de la direction du service de biochimie cellulaire. Cinq ans plus tard, il enseigne la chimie du métabolisme à la faculté des sciences de Paris. Il est nommé, en 1967, professeur au Collège de France. De 1971 jusqu'à sa mort, Jacques Monod a dirigé l'Institut Pasteur.
Ses recherches sur la cinétique et sur la physiologie de la croissance bactérienne (1940), sur la nature des phénomènes d'adaptation enzymatique (1945-1950), sur les facteurs de perméation spécifique (1956), sur la génétique des enzymes bactériennes avec la découverte de la régulation génétique en 1960, sur les interactions régulatrices dans le contrôle du métabolisme cellulaire (1963) apportent une contribution essentielle à la pensée scientifique et biologique actuelle. Il a publié de nombreux articles sur la biosynthèse des enzymes, sur la régulation enzymatique cellulaire et, avec François Jacob, Genetic Regulatory Mechanisms in the Synthesis of Proteins (1961). Son seul ouvrage non scientifique, publié en 1971 et intitulé Le Hasard et la Nécessité. Essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, a rencontré un large écho auprès du grand public.
Jacques Monod meurt le 31 mai 1976 à Cannes. Il avait reçu, en 1965, avec François Jacob et André Lwoff, le prix Nobel de physiologie et médecine.
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