Paul Tortelier l'appelait « la Ginette Neveu du violoncelle ». Comme la grande violoniste, elle tenait du ciel les dons les plus rares et le secret des chemins qui mènent au cœur même de l'émotion musicale. Comme elle aussi, son éblouissante carrière fut brisée avant l'heure par une implacable fatalité.
Jacqueline Du Pré naît à Oxford le 26 janvier 1945. Très vite, il faut se rendre à l'évidence : c'est une enfant prodige. Dès quatre ans, elle manifeste d'étonnantes dispositions pour le violoncelle. Elle étudie l'instrument à la Guildhall School of Music de Londres avec William Pleeth, mais travaille aussi en France avec Paul Tortelier (1956), en Suisse avec Pablo Casals et à Moscou avec Mstislav Rostropovitch. À quinze ans à peine révolus, elle remporte la médaille d'or de la Guildhall School et le Queen's Prize of Music. La jeune soliste de seize ans donne son premier concert public le 1er mars 1961 au Wigmore Hall de Londres. C'est le début d'une très brillante carrière. En 1967, en pleine guerre de Six Jours, elle épouse à Tel-Aviv le pianiste et chef d'orchestre Daniel Barenboïm. En 1968, elle crée la Romance pour violoncelle et orchestre que lui d […]
