Né en Transylvanie hongroise (département de Somogy), Nagy resta très marqué par son origine paysanne et calviniste qui le portait à s'opposer aux grands propriétaires terriens et au cléricalisme catholique dominant. En cela il se distinguait des autres dirigeants communistes hongrois qui provenaient de la bourgeoisie urbaine. Autre trait caractéristique, ses liens avec l'U.R.S.S. où il rallia, à vingt-quatre ans, le communisme en adhérant à la brigade hongroise de l'Armée rouge. Il fait partie du gouvernement révolutionnaire de Bela Kun, puis connaît les prisons du régime Horthy (1927-1930), mais c'est son long séjour en Union soviétique (1930-1944), où il sut se satisfaire des fonctions subalternes de spécialiste de l'agriculture (enseignement supérieur, direction de kolkhoz), qui le marque le plus. Il évite ainsi les purges qui secouent son parti. Une autocritique le lave des soupçons de déviationnisme de droite. Sa modestie, sa fidélité au parti et ses compétences réelles en font un excellent journaliste et un speaker écouté pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1944 et 1945, il est ministre de l'Agriculture en Hongrie. Il attache son nom au partage des terres, qui rencontre, malgré son caractère précipité, un écho favorable dans ce pays largement agraire où le populisme paysan correspond à une forme de sensibilité politique fort répandue. Un an plus tard, ministre de l'Intérieur, il réorganise l'administration locale. Il prône alors avec les tenants du capitalisme d'État (Varga) le respect de la petite propriété agraire en tant que base du développement économique en Europe danubienne. L'engrenage de la guerre froide excluant cette troisième voie, le populaire « oncle Imre » se voit relégué dans la charge tout honorifique de président de l'Assemblée nationale en novembre 1947. En 1948, ce légaliste respectueux de la prééminence de la direction du parti prend position contre la tendance ultra-gauche qui prévaut alors, ainsi que contre l'accélération de la collectivisation. En 1949, il s'oppose au l […]
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